La Matière : Premier mot de chaque histoire

Chez Phage, la création ne commence pas sur le papier, mais par la rencontre avec une texture, une odeur ou une fibre. Choisir une matière, c’est choisir l’empreinte que l’on laisse sur le monde et la promesse que l’on fait à celui qui portera l’objet.

Le Cuir : Une Mémoire Organique

 

Si Millau est la terre historique de la peau et du gant, j’ai choisi d’y tracer mon propre chemin technique. Là où la tradition locale brille par la souplesse du chrome, j’ai privilégié l’exigence du tannage végétal.

C’est un cuir qui prend son temps. Traité aux extraits d’écorces et de feuilles, il est hypoallergénique, robuste et vivant. Il ne s’use pas : il se patine. Au fil de vos aventures, il fonce, s’assouplit et absorbe les traces de votre Vie pour devenir une pièce absolument unique. Travailler cette matière, c’est respecter le cycle de la nature et offrir une longévité que seule la patience peut produire.

De l’air au Terrain : l’innovation technique

 

Mon passé de scientifique et mon présent d’archère m’ont appris une chose : la performance ne doit pas être une barrière. Pour répondre aux besoins spécifiques du sport de haut niveau et de l’inclusion, j’intègre des matériaux techniques de pointe.

Dans une démarche de surcyclage, je redonne vie à des toiles de parapente. Légères, solides et chargées de leurs voyages aériens, elles offrent une seconde existence technique et colorée à mes accessoires. Ces matériaux modernes me permettent de repousser les limites de la création pour concevoir des équipements adaptés à tous les corps et à tous les défis.

Le Fil de la Terre : Chanvre, Lin et Coton

 

Pour accompagner la force du cuir, je recherche la noblesse des fibres végétales. Le lin français, le chanvre ancestral et le coton de haute qualité sont les piliers de mes assemblages.

Ces fibres ne sont pas seulement écologiques ; elles possèdent une identité tactile brute et raffinée. Naturellement résistantes et respirantes, elles apportent une légèreté qui vient équilibrer la densité du cuir. En choisissant ces textiles, je renoue avec un héritage de solidité, où chaque tissage raconte la richesse de nos terroirs.

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Un engagement dans le Patrimoine

 

Chaque morceau de cuir, chaque bobine de fil est sélectionné avec une rigueur de laboratoire. Je privilégie les entreprises locales pour limiter mon empreinte et soutenir l’écosystème du Pôle Cuir Aveyronnais.

Mon implication dans le dossier pour l’inscription des savoir-faire de Millau au Patrimoine Mondial de l’UNESCO n’est pas qu’un titre : c’est le moteur de mon éthique. Dans mon atelier, rien ne se perd. Chaque chute est une future idée. Rien n’est laissé au hasard, car pour moi, la beauté d’un objet réside autant dans sa fonction que dans la transparence de son origine.